Aujourd’hui, je ressens une grande fierté en partageant avec vous une œuvre que j’ai entreprise dans le but d’illustrer la fondation d’une nouvelle nation par un nouveau symbole. C’est une création différente, certes, mais qui recueille ce qui nous appartient, ce que nous sommes, d’une manière encore plus fidèle à notre identité et à notre idiosyncrasie.
Il y a des années, inspiré par une muse mirandienne ici à Paris, près de sa statue, j’ai conçu un nouveau drapeau pour une nouvelle nation. Un tricolore jaune, bleu et rouge, aux mêmes proportions que celles qu’arborent aujourd’hui nos frères d’Équateur et de Colombie. Ce drapeau, en outre, reflète ce que nous étions en 1811, tout en intégrant 28 heptagrammes — des étoiles à sept branches — répartis en trois tiers, qui traduisent l’évolution naturelle de notre bannière.
Ce nouveau drapeau ne représente pas notre réalité actuelle, mais incarne une idée d’unité pour demain, sous une forme nouvelle, moderne et renouvelée. Comme le suggère le nom de mon association, il s’agit d’un symbole pour une fédération future, possible, fondée sur un traité d’union inédit et une nouvelle déclaration d’indépendance. Tout cela naît d’une nouvelle perspective fondatrice : depuis l’époque de la geste libératrice jusqu’à aujourd’hui, nous devons nous libérer à nouveau. Nous pouvons et devons nous libérer de notre pire ennemi : nous-mêmes. Ce n’est qu’à cette condition que nous pourrons plus aisément nous affranchir d’autres maux. Ce drapeau est un guide, une boussole et aussi un message : ce sont les étoiles qui nous parlent.
Partant de cette pierre angulaire, j’ai entrepris — avec l’aide d’un professionnel — la création d’un écu héraldique. Nous avons simplifié ses éléments pour en dégager l’essentiel, l’intemporel, ce qui nous rassemble, ce que nous avons été et ce que nous pouvons devenir.

Le blasonnement de l’écu est le suivant :
Coupé :
– D’or, à une balance de sable ;
– D’azur, à un livre ouvert d’argent ;
– De gueules, à un cuatro (guitare) d’or posé en fasce.
Éléments extérieurs :
– Deux épées passées en sautoir derrière l’écu. À dextre, celle de Simón Bolívar ; à senestre, celle de Francisco de Miranda, dans son fourreau de sable, chape et bouterolle d’or.
– Cimier : deux branches fleuries d’Araguaney au naturel, passées en sautoir et liées par un ruban d’or, d’azur et de gueules.
– Devise : LA VIRTUD Y HONOR
– Cri : ¡GLORIA AL BRAVO PUEBLO!
– Supports : deux chevaux fringants d’argent, l’œil allumé d’or.
Symbolique :
– Les épées : représentent les fondateurs de la République bolivarienne du Venezuela, Simón Bolívar et Francisco de Miranda.
– La balance : symbole de justice.
– Le livre ouvert : symbole de l’éducation et du savoir.
– Le cuatro : instrument musical typique du Venezuela.
– Les chevaux : celui que préférait Bolívar était blanc ; l’œil d’or symbolise l’intelligence et la noblesse.
– Les branches d’Araguaney : Handroanthus chrysanthus, arbre national et endémique du Venezuela.
Ce blason a été créé et peint par Laurent Granier.
La finesse de l’artiste contraste avec les improvisations antérieures, que l’on peut qualifier ainsi parce qu’elles ne respectaient jamais pleinement les règles de cet art héraldique, presque millénaire. Ici règnent clarté, équilibre et simplicité. Et même si un élément peut encore échapper à la compréhension de l’observateur, l’histoire — dans son mouvement continu — finit toujours par dévoiler le sens des choses. Toute nation, au fil de son évolution, affine peu à peu sa propre définition, son identité.
Dans cette identité résonnent les histoires de territoires et de peuples qui se reconnaissent frères, bien que séparés à la naissance. Ce qui naît aujourd’hui est quelque chose de nouveau, mais héritier légitime de ce qui fut et de ce qui est.
Ces symboles peuvent nous envelopper comme des couvertures, nous protéger comme des boucliers, nous guider comme des boussoles. Ils peuvent nous aider à nous retrouver — mais surtout, à nous retrouver nous-mêmes. Et ce n’est qu’en nous retrouvant nous-mêmes que nous pourrons accéder aux véritables réponses.
Avec toute ma raison et tout mon cœur,
Ricardo Josué LLOVERA BALZA