Anniversaire de la visite de Juan Guaidó à Paris – 24 janvier 2021

Il y a exactement un an, jour pour jour, je rencontrais M. Juan Guaidó, reconnu président par intérim du Venezuela.

Il s’était rendu à la Maison de l’Amérique Latine pour rencontrer les Vénézuéliennes et Vénézuéliens à Paris. Nous étions nombreux, près de remplir la plus grande salle, estimée entre 200 et 300 personnes.

Après une brève interruption à la fin de son discours, à laquelle j’ai osé intervenir, et une fois qu’il l’eût terminé (https://youtu.be/w6R31BO14qs?t=2294), je lui ai remis une proposition, un outil, la clé de voûte pour résoudre les crises vénézuéliennes. Je lui ai littéralement dit : « Vous êtes député élu, vous pouvez utiliser cet outil. »

Ce jour-là, je lui ai décerné une médaille de reconnaissance de l’Excellence, symbolisant tout ce qu’il a accompli jusqu’alors, son courage face aux représailles et aux dangers auxquels il expose sa vie et celle de ses proches, comme vous le savez probablement.

Cependant, le message n’a pas été entièrement compris à ce moment précis (https://youtu.be/w6R31BO14qs?t=2450), ou peut-être que lui ou son équipe ne l’ont pas pris suffisamment en compte. Après plusieurs tentatives de relance, il m’a été impossible de le joindre.

Les députés créent des lois ; les présidents les exécutent.

En tant que député, président de l’Assemblée nationale, et président par intérim, il aurait eu la possibilité de redémarrer les discussions, de remettre cette question à l’ordre du jour si elle revêtait une importance capitale, et de clore le débat pour le sceller. Les députés créent des lois ; les présidents les exécutent.

Je lui ai également remis le premier exemplaire du nouveau drapeau que je propose, inspiré de l’histoire, du présent et du futur. Il reprend l’idée du drapeau confédéré de 1811, mais avec 28 étoiles à sept pointes. Cet exemplaire a beaucoup voyagé, il a même parcouru l’Égypte et le Nil. Avant cela, il s’était perdu pendant un mois dans la ville de Paris en février 2019, avant de réapparaître miraculeusement. Mais lui, il ne le sait probablement pas.

J’ai laissé dans les mains de son équipe un document au format Word, sur une clé USB, contenant l’avant-projet de loi complet.

J’ai eu l’occasion de lui dire que j’étais inquiet pour un ami exilé dont je n’avais plus de nouvelles. J’ai finalement eu des signes de vie quelques semaines plus tard, mais sans entendre sa voix. Cela a-t-il eu un lien avec lui ou avec Juan Guaidó ? C’est un mystère. Mon ami est resté distant.

Au fil des mois, j’ai pensé que mon projet avait été oublié par son équipe ou par lui-même, et je pense encore aujourd’hui que c’est probablement le cas. 2020 a été une année de difficultés profondes, et nous en avons tous été frappés. J’espère que ce message lui rappellera quelque chose, mais je crains que nous ne parlions pas la même langue.

En ce début de 2021, je suis étonné de constater que, comme par un heureux hasard ou une grande coïncidence, ceux qui sont actuellement au pouvoir, malgré leur légitimité contestée et non reconnue par une partie de la communauté internationale, ont laissé entrevoir un projet similaire à celui que nous avons proposé. C’est presque comme si cela était un plagiat de notre idée (qui s’inspire également d’un schéma récurrent dans l’histoire du pays, environ tous les 15 ans) : le désir de réinscrire le Venezuela dans l’Histoire des Nations.

Ils envisagent d’introduire une neuvième étoile sur le drapeau, de retravailler celui-ci pour rendre hommage à Urdaneta, un autre héros de la Patrie, notamment pour la province de Maracaibo, il y a 200 ans. En 1811, nous étions dix provinces, et sept d’entre elles ont signé l’acte d’indépendance. Maduro a même exprimé son intérêt pour ce projet il y a trois jours, en dépit des critiques sur la déconnexion avec les problèmes réels du pays. Ce projet est désormais référencé sur des sites web officiels et largement discuté sur les réseaux sociaux (officiel : http://vicepresidencia.gob.ve/?p=669; twitter : https://twitter.com/luchaalmada/status/1352037968526139392?ref_src=twsrc%5Etfw).

Encore une fois, comme en 2006, avec une Assemblée nationale de légitimité contestée, ils cherchent à démontrer leur pouvoir de manière symbolique, peu importe la gravité de la crise humanitaire et sanitaire. Je regrette que l’Assemblée nationale de l’exercice 2016-2021 n’ait pas encore su saisir et démontrer son pouvoir. Il est grand temps.

Cette assemblée aurait déjà pu agir ainsi, et juridiquement, dans une continuité extraordinaire, elle peut encore le faire. Il s’agit d’un autre élément diplomatique de poids dans l’histoire de ce pays. La pression pourra s’intensifier sur la scène internationale si le drapeau du Parlement, légitime, devient celui qui s’impose.

En France, lors des JO de 2024, quel drapeau représentera les athlètes vénézuéliens ? Celui proposé par Guaidó ? Celui de Maduro, modifié en 2006 pour ajouter une huitième étoile en hommage indirect à Chavez, après 138 ans avec le drapeau à sept étoiles ? Ou bien celui que propose Maduro aujourd’hui avec neuf ou dix étoiles, pour rendre hommage indirectement au madurisme et à sa famille politique ? Ou encore, le drapeau des 28 étoiles, symbole d’une réelle union des Vénézuéliens, unis autour de leur avenir commun ?

Il s’agit, bien entendu, de la pérennité d’un seul symbole, avec autant d’étoiles qu’il en faut pour unir les bases populaires du pays, pour redresser le pays et le rendre plus riche, juste, éduqué, décentralisé, et représenté dans sa composition actuelle des États fédéraux depuis 1864. Ce symbole serait aussi l’élément central d’un projet commun pour l’avenir de notre pays, pour s’en inspirer.

Cela devrait être le drapeau de la transition et de l’alternance.

Le madurisme verra sa légitimité affaiblie lorsqu’il brandira son propre symbole sur n’importe quelle autre scène internationale, pas seulement sportive.

C’est à considérer…

Publié par Ricardo Llovera Balza

Vénézuélien. Je rêve d’un nouvel État-Nation, porté par de nouvelles valeurs et des symboles puissants. Un État inspiré, réinventé, digne de Miranda et Bolívar, qui en seraient fiers.

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